La fonction de la bande dessinée, Clermont-Ferrand, PUBP, 2018, 219 p.

Michel Matly

Une carrosserie, un moteur, des roues, voilà qui décrit un aspirateur. Cependant soulager les tâches ménagères, éliminer du sol miettes et moutons, être aisément stockable et manipulable, sont parmi les principaux déterminants de la structure de l’appareil, c’est-à-dire du choix, de la forme, de la taille et de la combinaison de ses composants. Ces éléments ne relèvent pas de la technique, du style, mais sont inhérents à l’identité de l’appareil.

Leur explicitation nous incite (si cela était vraiment nécessaire) à le distinguer d’une automobile. La spécificité de la bande dessinée ne tient pas tant à la coexistence des éléments qui la composent qu’aux conditions de choix, de forme, de taille et de combinaison de ces éléments au service de sa fonction première, qui est celle de transmettre. Identifier avec pertinence la structure et les composants du média ne suffit pas. Il faut en qualifier les relations, accepter que les choix de technique et de stylistique ne sont pas faits en toute liberté mais qu’ils répondent à des règles spécifiques du média au service de la nécessité et de l’efficacité de transmission de tel ou tel contenu factuel, rhétorique, énergétique ou émotionnel.

Dans cette transmission, l’image de bande dessinée joue un rôle fondamental, parce qu’elle ne peut se prévaloir de la circonvolution du langage ou de la fugacité de l’animé, parce qu’il lui est transféré la plus grande part du contenu sémantique et parce que sa séquence s’accorde avec celle de la pensée même.

Références

Clermont-Ferrand, PUBP, coll. "Littératures", 219 p.

ISBN 978-2-84516-789-6

Prix : 15 euros

Année de publication : mai 2018