Responsables : Anne-Marie Favreau-Linder et Françoise Laurent


Le programme « Images, concepts et formes littéraires » porte plus particulièrement sur la question des formes et des concepts littéraires antiques jusqu’au Moyen Âge, et s’intéresse en particulier à la porosité générique, mais aussi à l’application des théories contemporaines du discours aux textes anciens et au devenir des formes et concepts littéraires antiques à l’époque moderne. Les différentes problématiques abordées permettent, entre autres, d’évaluer les modalités d’interaction entre société, d’une part, et réception ou renouvellements génériques, d’autre part.

Dialogos :

* « Dialogos » (coordonné par Anne-Marie Favreau et Françoise Laurent) par son caractère diachronique et par sa perspective destinée à la fois à dresser l’histoire d’un genre littéraire et à étudier une pratique sociale, a vocation à fédérer les enseignants-chercheurs d’autres équipes, d’abord au sein du CELIS, mais aussi d’autres laboratoires : CERHAC, PHIER. D’autres universités françaises et étrangères collaborent et contribuent au développement de « Dialogos » : universités de Poitiers (FORELL), de Bordeaux (Centre Ausonius), de Paris-Est Créteil, de Bochum (Allemagne), d’Eischtätt (Allemagne, accord de coopération scientifique et Erasmus).

L’objet d’étude au fondement de ce programme est l’histoire du genre du dialogue, qui naît en Grèce dans les milieux socratiques mais échappe, dès l’Antiquité, au cadre strict de la philosophie pour devenir un genre littéraire à part entière, même s’il n’est pas théorisé en tant que tel et que sa définition même est problématique. L’histoire du genre du dialogue ne peut se concevoir sans une attention portée au contexte socio-culturel et religieux dans lequel il s’écrit et se lit, et une prise en compte des pratiques effectives de conversation, d’entretien ou de débat de l’époque, nécessités qui orientent naturellement nos travaux vers les horizons de la socio-poétique.

Le corpus des textes étudiés comprend des textes rares ou non encore traduits, tel le De Dialogo de Sigonius, et qui constituent des jalons essentiels dans la théorie du dialogue et plus généralement des genres littéraires en Europe. Un des axes de travail du programme appelé à se développer est de traduire et donner accès à ces textes qui peuvent intéresser un grand nombre de chercheurs au-delà des membres de Dialogos. Pour ce faire, nous souhaiterions pouvoir bénéficier des outils développés dans le cadre des humanités numériques de la MSH pour créer un site, où le corpus serait non seulement offert à la consultation mais mis en relation avec d’autres textes (les sources antiques par exemple qui irriguent la réflexion théorique de ces traités), ou d’autres instruments à élaborer (étude du lexique du dialogue et des formes apparentées, inventaire des définitions, bibliographie et articles en ligne, etc.). Avec l’appui financier du CELIS et le soutien de l’université d’Eischtätt en Bavière, une telle réalisation constituerait une nouvelle entrée au sein de l’engagement du CELIS dans les humanités numériques.

Projets et réalisations à venir :

  1. Mise en ligne de la traduction du De dialogo de Sigonius : collaboration entre Clermont, Dijon (S. Laigneau), Reims (V. Leroux) et Rouen (C. Auvray-Assayas), entre latinistes, philosophes (A. Petit) et hellénistes chargés d’expertiser les références littéraires aux dialogues grecs (AM Favreau et S. Dubel).
  2. Répertoire et analyse des dialogues médiévaux en latin et en langue vernaculaire (dialogues religieux et didactiques et dialogues philosophiques). (Françoise Laurent)
  3. Colloque international à Eischtätt sur Les personnages dans le dialogue. Financement par l’institut franco-allemand
  4. Journée d’étude autour du dialogue de l’Héroikos de Philostrate dont la traduction française est en cours d’achèvement. (A-M Faveau-Linder en partenariat avec E. Oudot à Dijon et J.-L. Vix à Strasbourg)
  5. 2 journées d’études ou mini colloques : l’un sur les lieux du dialogue 2 : des lieux réels de la diffusion du savoir aux lieux « imaginaires » (antiquité-18e siècle) ;  le genre du dialogue et la socio-poétique : discours de la méthode

Poétique, rhétorique, stylistique de l’Antiquité et du Moyen Âge :

Dans le cadre des influences réciproques entre la poésie, la rhétorique et la stylistique, quatre projets, dont deux poursuivent des réflexions et des analyses déjà menées lors du précédent programme, sont proposés conjointement par les antiquisants et les médiévistes de l’équipe.

Le premier porte sur les relations prose/poésie dans l’Antiquité classique, l’Antiquité tardive et au Moyen Âge, analysées à travers divers genres, comme, le genre épistolaire, le prosimètre, le genre de l’epos biblique réécrivant en vers les textes sacrés. Il s’agira aussi d’étudier comment un même auteur pratique la prose et la poésie pour un même propos, et comment s’articulent l’inscription de poèmes ou d’épigrammes dans les lettres, et l’insertion ou la citation de textes en prose dans des textes en vers ou de textes en vers dans la prose. L’étude du genre de l’épigramme s’inscrit notamment dans le projet international sur l’épigramme antique de l’UMR Archimède (resp. Doris Meyer, Univ. de Strasbourg et Céline Becht-Urlacher, Univ. de Mulhouse) auquel participe Annick Stoehr-Monjou. Ce projet international qui a déjà donné lieu à deux colloques l’un en 2010 publié en 2013 (Renaissance de l’épigramme dans la latinité tardive, éd. Guiponi-Gineste et Becht-Urlacher), l’autre en 2015 (Rhétorique du petit) et à un séminaire (« Le public des épigrammes », en décembre 2013), réunit des spécialistes d’Italie, d’Allemagne, de Grande-Bretagne, de France pour rédiger, dans la diachronie et conjointement pour les domaines grec et latin, un Dictionnaire de l’épigramme dans l’antiquité gréco-romaine jusqu’à l’époque tardive avec des entrées d’auteurs, de notions littéraires et esthétiques, et de thèmes.

Le deuxième projet, qui constitue le troisième volet du triptyque intitulé « La Poésie de l’époque d’Auguste et la rhétorique », prévoit un colloque, organisé par Hélène Vial en 2017, sur « La Réception rhétorique de la poésie augustéenne. »

Le troisième projet s’inscrit dans le sillage des travaux sur la « Poétique de l’octosyllabe », où la collaboration de Françoise Laurent avec Danièle James-Raoul de CLARE (Université Bordeaux Montaigne) se poursuit et s’enrichit de nouvelles associations avec Laurence Mathey-Maille du GRIC (Université du Havre) et Denis Hüe du CELAM/CETM (Université de Rennes). Un colloque international consacré au « Style de Wace », auteur normand du XIIe siècle, sera organisé courant 2017 à Jersey, et bénéficiera d’une subvention du gouvernement autonome de l’île.

Le quatrième projet s’intéresse à l’adaptation stylistique pratiquée dans la copie manuscrite au Moyen Âge. La question du style est ici abordée du point de vue du copiste et de l’empreinte stylistique qu’il a pu laisser sur sa transcription. Dans un premier temps, on se concentrera sur des manuscrits d’oïl produits en domaine occitan, afin d’examiner dans quelle mesure le style put être adapté au lectorat visé, voire à la sensibilité du copiste. Le texte qui inaugure le travail est une version inédite du Roman de Tristan en prose, qui fait conjointement l’objet d’une édition critique.